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Comment bien vivre avec ses allergies ?

Ménage et allergies : amis ou ennemis ?

Être allergique signifie avoir “une hypersensibilité de l’organisme à des substances généralement inoffensives et présentes dans l’environnement”. Cette hypersensibilité est causée par un dérèglement du système immunitaire qui se met à surréagir à une ou plusieurs substances.

L’allergie peut survenir à tout âge mais surtout durant l’enfance et chez les jeunes adultes. Elle est principalement dûe à une prédisposition génétique : l’atopie. Une personne atopique a hérité d’un ou de ses deux parents d’anticorps, “les immunoglobulines de type E (IgE)” qui, au lieu de lutter contre les parasites comme c’est le cas normalement, sont liés à un allergène.

Cependant, le nombre de personnes allergiques a fortement augmenté ces dernières décennies et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe d’ailleurs l’allergie au 4e rang des maladies chroniques dans le monde après les cancers, les pathologies cardiovasculaires et le sida.

Dans son dossier “L’allergie pourrit la vie. Alors j’agis !” publié en 2022, l’association Asthme et Allergies explique que le nombre d’allergiques a doublé en 20 ans et représente aujourd’hui 1 personne sur 3 chez les personnes nées après 1980.

Concrètement, seuls 2 à 3 % des français.es étaient concerné.e.s en 1970 contre 25 à 30 % en 2010. L’OMS estime quant à elle qu’en 2050, 50 % de la population mondiale sera allergique.

Les allergènes sont (vraiment) partout !

Une substance est appelée “allergène” lorsqu’une personne y devient sensible et développe ensuite des réactions allergiques à chaque fois qu’elle est en contact avec elle. Les allergènes peuvent être visibles ou invisibles, inhalés, ingérés ou au contact de la peau, de façon ponctuelle, récurrente ou saisonnière.

Il existe pratiquement autant d’allergènes qu’il y a de substances autour de nous. Ils peuvent être :

  • Alimentaires : arachides, céleri, crustacés, fruits à coque, gluten, graines de sésames, lait, mollusques, moutarde, œufs, poisson, soja…
  • De contact : métaux (nickel, chrome…), venin de serpent ou d'hyménoptères (guêpes, abeilles, bourdons…), henné noir, parfums, produits de beauté, d’entretien et ménagers…
  • Médicamenteux : antibactériens, antibiotiques, anti-inflammatoires, aspirine, colorant ou conservateur de médicaments, iode ou produits de contraste (scanners et IRM), pénicilline, sulfamides, vaccins…
  • Respiratoires : acariens, moisissures, pollens, poils d’animaux (chats, chiens, chevaux et rongeurs)...

Contrairement aux idées reçues, la poussière n’est pas un allergène, bien qu’elle soit irritante. Par contre, elle contient des acariens en quantité impressionnante. En effet, 1 gramme de poussière peut contenir jusqu’à 2 000 acariens !

Certains métiers sont aussi plus à risques que d’autres comme les coiffeurs, les agents d’entretien, le personnel médical ou les personnes travaillant dans le BTP. On parle alors d’allergies professionnelles.

L’une des plus répandues est l’allergie aux gants en latex ou plutôt aux antioxydants ou aux accélérateurs de la vulcanisation du caoutchouc (procédé qui rend les matériaux plus élastiques). Sont également concernés les produits chimiques (PVC, solvants, peintures à l’huile…) et ménagers (produits d’entretien contenants des parfums et des conservateurs, lessives avec des azurants optiques, adoucissants, assouplissants, détachants…).

Les allergies saisonnières proviennent quant à elles de plantes dites “anémophiles”, c’est-à-dire qui disséminent leurs grains de pollen grâce au vent. Il peut s’agir d’arbres (peupliers, chênes, platanes, bouleaux, oliviers…), d’herbacées (orties, pissenlits, plantains, ambroisies…) et de graminées (élyme des sables, baldingère, fétuques…), qui sont plus ou moins allergisants selon les espèces (plus d’infos sur le site internet du Réseau National de Surveillance Aérobiologique - RNSA).

Il existe aussi des allergies croisées, la plus courante étant l’association pollen/aliment d’origine végétale (bouleau/pomme, par exemple). Cela s’explique par le fait que les allergènes appartiennent à des familles de protéines et que certaines de ces protéines ont des structures qui se ressemblent. Résultat : le système immunitaire réagit même si la source est différente.

Un environnement allergisant…

Selon une étude de la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé (FNORS) publiée en mars 2021, l’augmentation du nombre de cas d'allergies ne peut pas se résumer au facteur génétique.

Les changements de modes de vie, d’habitudes alimentaires, le tabagisme, “l’hygiénisation”, la pollution intérieure et extérieure sont autant de pistes évoquées. L’Assurance Maladie et l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) mentionnent également “un allongement de la période de pollinisation” dûe au réchauffement climatique et “la multiplication des médicaments”.

Bien que ça n’ait pas encore été prouvé officiellement, certaines substances sont donc d’ores et déjà montrées du doigt pour leur caractère allergisant et irritant.

Le limonène et le pinène présents dans les sprays d’huiles essentielles ainsi que les dérivés terpéniques et les phénylpropanoïdes contenus dans de nombreuses huiles essentielles sont ainsi fortement suspectés de provoquer des allergies.

D’autres substances, particulièrement irritantes, aggraveraient la sensibilité aux allergies : au niveau de la peau (savons, produits détergents, dégraissants, avec parfums et conservateurs…), des voies respiratoires (fumée de cigarette, Composés Organiques Volatils comme le formaldéhyde, présent notamment dans les désodorisants et les parfums d’intérieur) ou des deux (par exemple, eau de javel).

La plupart des produits ménagers conventionnels sont donc à utiliser avec précaution : produits vaisselle, dégraissants, détartrants, nettoyants WC, désinfectants, désodorisants, cires et lustrants, détergents… Respecter les bons dosages, ne pas les mélanger, porter un masque et des gants, aérer la pièce sont autant de règles à suivre. Mais l’idéal serait peut-être de simplement les éviter…

Ménage insuffisant ou inadapté : attention, danger !

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), dans un climat tempéré, nous passons 85 % de notre temps dans des espaces clos et, majoritairement, dans notre domicile.

Pour lutter contre les allergies, avoir un logement sain est donc primordial. Mais il ne doit pas seulement être propre, le ménage doit aussi être réalisé de façon adaptée. En effet, de mauvaises pratiques peuvent avoir des conséquences désastreuses…

Comme l’indique l’Association Française pour la Prévention des Allergies (AFPRAL) sur son site internet, les symptômes d’une allergies sont très variables, allant d’une simple gêne à des situations graves : nez qui coule ou bouché, yeux rouges et irrités, plaques rouges avec démangeaisons, toux durant la nuit ou pendant un effort, fatigue, bronchites répétées, troubles digestifs en série, oedèmes, conjonctivite, eczéma et urticaire (atopiques), asthme, anaphylaxie (ou choc anaphylactique)…

Certaines matières et produits peuvent tout d’abord provoquer de l’eczéma de contact ou une dermatite atopique (rougeur, petites cloques, puis épaississement de la peau et démangeaisons), En milieu professionnel, cela concerne surtout les mains suite à l’usage répété de produits allergisants ou de gants en latex. À la maison, acariens, poils d'animaux et pollens touchent particulièrement les nourrissons et les enfants.

Selon l’Association Française de l’Eczéma, 2 millions de français souffrent d’eczéma et le nombre de malades a été multiplié par 3 en 30 ans. De plus, l’utilisation trop fréquente de produits irritants affaiblit le film hydrolipidique, la barrière naturelle de la peau. Sans cette protection, la peau est plus sensible aux agressions extérieures et l’eczéma risque de devenir chronique. C’est aussi le cas si “le contact cutané avec l'allergène n'est pas interrompu”.

La peau peut aussi développer un urticaire atopique. Il prend la forme de plaques rouges avec un centre plus clair, accompagnées de démangeaisons.

Après les symptômes cutanés, il y a la conjonctivite allergique. Elle se manifeste par des yeux rouges, qui grattent, une sensation de sable dans les yeux ainsi que des écoulements. Si elle est ponctuelle, il s’agit généralement d’une allergie au(x) pollen(s). Si elle est persistante, il faut alors incriminer des allergènes domestiques.

Elle est souvent associée à la rhinite allergique, l’allergie respiratoire la plus fréquente. Appelée “rhume des foins” quand elle est provoquée par le(s) pollen(s), ses symptômes sont le nez qui coule ou se bouche, démange et des éternuements à répétition. Selon l’Inserm, elle touche 25 % des français.es et ses trois causes principales sont les acariens, les pollens de graminées et les poils de chats.

Ce type de rhinite peut avoir de graves conséquences. Une étude médicale menée en collaboration avec l’OMS en 2008 démontre que 30 % des rhinites non traitées évoluent ensuite vers l’asthme. Une étude de 2005 précise que l’asthme est d’origine allergique dans 80 % des cas chez l’enfant et dans environ 50 % des cas chez l’adulte ! Pour rappel, l’asthme, une inflammation chronique des bronches, est une maladie qui ne se guérit pas et qui touche 4 millions de personnes en France.

Précaution et méthode s’imposent…

Si vous pensiez que nettoyer à fond votre logement était la solution ultime contre les allergies, force est de constater que ce n’est pas aussi simple. D’un côté, un ménage insuffisant est un véritable danger. De l’autre, utiliser des produits trop actifs, parfumés ou transformés peut également être nocif. Avec tous ces facteurs à prendre en compte, faire le ménage n’a jamais été aussi compliqué…

Alors, comment peut-on avoir un logement véritablement sain ? Est-il même possible d’y arriver ? Rassurez-vous ! Des solutions existent. Mais encore faut-il les connaître…